Je suis née à Saint-Roch. Mon père tenait un petit commerce de fleurs au marché Forville. Ma grand-mère faisait la socca dans la cour, sur une plaque qui chauffait trop fort, en râlant en niçois sur le voisin du dessus. À dix-neuf ans, je suis partie cuisiner ailleurs — Courchevel chez Yannick Alléno, Londres au Connaught, Paris à La Petite Maison.
J'ai compris ailleurs ce que je voulais ici.
Nissa la bella, mais sérieusement. Pas de pissaladière fade tiédie au micro-ondes. Pas de salade niçoise au thon en boîte. La vraie cuisine du comté, faite chaque matin avec ce que le marché me donne — fèves crues d'avril, fleurs de courgettes de juin, stockfish séché en saumure de la baie. Et la cheffe — moi — derrière le piano, vraiment, tous les services.
— Élodie Bruna